Un patrimoine naturel fluvial d'exception

Un patrimoine naturel fluvial d'exception

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Le fleuve a façonné l’histoire de Saint-Augustin. Ses berges ont été occupées par les Amérindiens depuis au moins 5000 ans, puis ont accueilli ses premiers foyers d’établissement et le moulin seigneurial.

Contrairement à Neuville qui a connu un développement économique lié à la construction navale, peu d’activités maritimes ont marqué Saint-Augustin. D’hier à aujourd’hui, la rive bordée d’un haut-fond a restreint ces activités et représente une des permanences du paysage de Saint-Augustin. Ce haut-fond s’étend sur une longueur de 7 kilomètres.

En raison de la présence de ce haut-fond, deux épaves gisent dans les eaux du Saint-Laurent vis-à-vis de Saint-Augustin. L’Atalante, un navire français aux prises avec plusieurs frégates anglaises, a coulé face aux îlets Dombourg, aux limites de Neuville durant la Conquête (1756-1760). Après avoir pris feu, le vapeur Montréal s’est échoué en 1857 au large de la pointe Jean-Gros. Ce désastre a coûté la vie à près de 200 passagers, dont la plupart étaient des émigrés irlandais.

La présence du haut-fond a permis le développement d’un marais intertidal dominé par le scirpe d’Amérique, influencé quotidiennement par des marées d’eau douce pouvant atteindre six mètres d’amplitude. Il abrite plusieurs des plus belles populations de plantes endémiques de l’estuaire fluvial du Saint-Laurent. La valeur du site est reconnue à l’échelle mondiale ! Entre autres, on peut y observer, à la fin de l’été, une magnifique espèce à fleurs bleues, le gentianopsis de Victorin, une plante rare et menacée au Québec et au Canada. Le marais fournit aussi abri et nourriture pour près de 250 espèces d’oiseaux, de poissons et de mollusques. Il sert aussi d’habitat pour la sauvagine et de halte migratoire pour les oies blanches et les bernaches du Canada.

Sur la rive et les terrasses qui lui succèdent, se trouvent également des marécages à frêne et saule et des boisés dominés par l’érable à sucre et le hêtre, et dont l’un est reconnu comme écosystème forestier exceptionnel. Tous ces habitats contribuent à la qualité des paysages augustinois et régional.

En dépit de sa valeur et de sa beauté, le paysage fluvial se dégrade progressivement. À Saint-Augustin, seulement 39 % des rives sont encore à l’état naturel, c'est-à-dire sans mur de soutènement ou sans enrochement. Plusieurs segments de rives montrent également des signes inquiétants d’érosion. Les terrains occupés par la villégiature sont maintenant convoités pour le développement résidentiel. Les habitations et les aménagements sont souvent mal intégrés au paysage. Les grands bâtiments bouchent la vue vers le fleuve et l’ancien milieu de villégiature se transforme en banlieue. Cette évolution du paysage riverain s’accompagne d’une détérioration des rives et, du même coup, des habitats littoraux.

Afin de préserver la qualité du paysage fluvial, notre communauté doit se doter d’outils pour mieux protéger et habiter les rives. De plus, la restauration des ouvrages détériorés et des segments de rives érodés représente tout un défi, soit celui de maintenir un environnement de qualité et préserver la beauté et les paysages naturels que nous offre le fleuve.