La falaise de Saint-Augustin - une composante unique de notre paysage

La falaise de Saint-Augustin - une composante unique de notre paysage

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Cette chronique sur les paysages augustinois est dédiée à la falaise de Saint-Augustin. Vers l’ouest, à partir de la côte à Gagnon, la falaise de Saint-Augustin s’éloigne graduellement du fleuve, longe le côté nord du chemin du Roy et se prolonge jusqu’à Neuville vers l’ouest. Elle comprend le parc de la Falaise et une partie du parc du Haut-Fond. Vers l’est, elle borde les battures du fleuve et se poursuit jusqu’à la plage Saint-Laurent pour bifurquer vers le nord à Cap-Rouge. Une partie de ce versant, comprise entre la rue du Brome et l’extrémité ouest du chemin de la plage Saint-Laurent, longue de 6 km, est reconnue comme milieu naturel d’intérêt selon le Répertoire des milieux naturels d’intérêt de Québec.

Ce versant boisé regroupe plusieurs peuplements d’arbres matures, épargnés de la coupe forestière étant donné le relief escarpé. Il s’agit principalement d’une vaste érablière à sucre dont le plus vieux peuplement est situé dans le prolongement de la route Tessier. Hêtre à grandes feuilles, chêne rouge, frêne blanc, tilleul d’Amérique, noyer cendré et bouleau blanc accompagnent l’érable à sucre. Sur le plateau situé entre le cours d’eau Desrochers et la rivière du Curé, un peuplement composé de vieux chênes rouges se distingue par sa majesté. Tout près, un verger, présent sur les photographies aériennes de 1938, ajoute à la diversité des lieux. Une partie de ce verger sera affectée par le projet de lotissement résidentiel Couture.

La falaise contribue à la structure du paysage de Saint-Augustin et correspond à une composante identitaire du paysage fluvial et du chemin du Roy. Elle est aussi un espace de biodiversité. Hautement valorisé pour la vue qu’elle offre sur le fleuve et malgré la présence de secteurs zonés « conservation », la pression exercée par le développement résidentiel y est forte. Ici et là, on peut repérer du déboisement de la crête ou au pied du versant, de même que des travaux de remblai et de déblai qui la dégradent. Elle est très sensible à l’érosion et susceptible d’engendrer des glissements ou des mouvements de terrain. Le déplacement prochain de trois maisons situées au pied de la falaise en témoigne.

Le projet « Paysages », initié l’an dernier par la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel (FQPPN), propose différentes actions pour valoriser les qualités paysagères de Saint-Augustin et protéger les peuplements forestiers de la falaise. Les boisés d’intérêt méritent d’être conservés et protégés de tout empiètement. Certains secteurs devront aussi être restaurés. La plantation d’arbres serait souhaitable sur le rebord de la falaise pour en conserver l’aspect naturel, particulièrement pour les portions visibles à partir du chemin du Roy. La conservation des arbres et la limitation des remblais et déblais au pied de l’escarpement se révèlent essentiels pour ne pas fragiliser ou déstabiliser cet espace sensible le long du chemin du Roy.

L’aménagement d’accès publics au paysage par la création de belvédères ou d’un éco-sentier piétonnier le long du sommet de la falaise représente aussi un beau défi pour faire découvrir par la communauté augustinoise ce capital de vues exceptionnelles sur le fleuve.

Annie Lebel, biologiste et chargée de projets de la FQPPN
Chantal Prud’Homme, architecte paysagiste,