La Station agronomique de Saint-Augustin, un élément paysager considérable

La Station agronomique de Saint-Augustin, un élément paysager considérable

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La Station agronomique de Saint-Augustin représente un élément d’importance dans le paysage agricole de la ville puisqu’il s’agit de la plus grande propriété en bordure du fleuve entre la pointe de Jean-Gros et le marais Provancher, aux limites de Neuville.

Cette grande ferme a été créée en 1956 par les Augustines de l’Hôpital général de Québec à la suite du regroupement de plusieurs anciennes fermes familiales. C’est en 1963 que l’Université Laval en devient propriétaire et crée la Station agronomique de Saint-Augustin (SASA). Durant plusieurs années, l’Université Laval mène sur la station des projets d’envergure dans le domaine de la production animale notamment sur le croisement des bovins de boucherie et vers la fin des années 1980, on y assiste à la naissance du premier veau éprouvette au Canada.

De nos jours, la station agronomique est la seule propriété agricole de type industrielle à Saint-Augustin. Elle est spécialisée en production végétale, plus spécifiquement dans les grandes cultures telles que le maïs, le soja et le canola. Plusieurs lots sont loués pour la culture de maïs tandis que d’autres sont utilisés à des fins de recherche. On peut donc y observer de grands champs en culture qui côtoient des parcelles morcelées pour la recherche et l’enseignement. Les superficies importantes en cultures de maïs et les vastes bâtiments de la ferme tranchent dans le paysage agricole de la ville, plutôt caractérisé par la présence de fermes familiales et de productions diverses.

On retrouve aussi sur la station agronomique d’importantes superficies boisées, localisées en bordure du fleuve Saint-Laurent et le long de la rivière des Roches. Puisque les superficies occupées par la plupart des boisés de la station agronomique sont constantes depuis au moins 1938, ces boisés constituent des exemples représentatifs de forêts de la région immédiate de la ville de Québec. En bordure du fleuve Saint-Laurent, se trouve une érablière rouge sur un site humide, possédant un potentiel acéricole intéressant. Cette érablière abrite plusieurs espèces qui atteignent, dans la région, la limite nord-est de leur aire de répartition, comme l’érable argenté, le peuplier deltoïde et le frêne de Pennsylvanie ainsi que de grands érables rouges. On y observe également le noyer cendré, une espèce en voie de disparition au Canada.

La rivière des Roches traverse la partie ouest de la station agronomique. Elle présente une succession de fosses et de rapides, autant de sites potentiels pour la fraie des certains poissons. On y a déjà pêché l’omble de fontaine. Les massifs boisés qui longent la rivière des Roches sont composés principalement d’érables et on y retrouve des petits milieux humides et des ruisseaux intermittents. Plusieurs chicots de fort diamètre représentent des habitats potentiels pour des canards arboricoles tel que le canard branchu qui recherche les cavités des arbres pour nicher.

Étant donné que le territoire de la station agronomique présente plusieurs éléments importants en terme de diversité biologique, l’Université Laval et la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel ont travaillé conjointement, en 2007, à la production d’un plan de gestion qui identifie les éléments naturels à protéger et élabore différentes recommandations pour la conservation du territoire et de ses ressources. Cette démarche pourrait mener éventuellement à une meilleure protection de certaines portions du territoire.

Annabelle Avery, biologiste
Annie Lebel, biologiste et chargée de projets de la FQPPN