Nos paysages scrutés à la loupe

Nos paysages scrutés à la loupe

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En 2007, la Fondation québécoise pour la protection du patrimoine naturel (FQPPN) a confié à madame Chantal Prud’homme, architecte paysagiste, la réalisation d’une étude sur le paysage des abords du fleuve Saint-Laurent dans le secteur situé au sud de la route 138. Cette étude a permis d’identifier les traits distinctifs du paysage de notre ville et de formuler des recommandations visant à les protéger.
Cette chronique rappelle les éléments marquants de cette étude, lesquels ont été exposés par madame Prud’homme lors de la conférence qu’elle donnait le 24 février dernier à la bibliothèque Alain Grandbois.

Une étude du paysage axée sur les milieux naturels

Conformément à la mission première de la FQPPN, soit la protection des milieux naturels de grande valeur écologique, une attention particulière a été accordée à l’importance de la nature dans la composition du paysage. Ainsi, l’étude du paysage a permis d’identifier les éléments naturels d’intérêt et de formuler des recommandations favorisant leur conservation.

Un paysage marqué par la présence de milieux boisés âgés de plus de 70 ans

Aux abords du fleuve et du chemin du Roy, les boisés couvrent une superficie d’environ 430 hectares. Ces massifs forestiers, dont la superficie et la répartition sont restées pratiquement inchangées depuis 1938, sont composés de peuplements forestiers matures, principalement des érablières.

En bordure du fleuve, des milieux sensibles abritent des espèces végétales particulières

Sur le littoral, le marais intertidal est demeuré intègre et est reconnu par la communauté scientifique et les ministères québécois et canadien de l’Environnement comme un site dont la conservation est essentielle et prioritaire, notamment pour assurer la survie de 13 espèces de plantes dont la situation est précaire au Québec.

Des marécages d’une superficie de 53 hectares se trouvent également en bordure du fleuve et forment, à l’ouest, une bande boisée de près de deux kilomètres de longueur et à l’est, plusieurs boisés morcelés. Ces marécages sont composés d’érablières rouges et d’érablières argentées. Ces dernières constituent des éléments naturels d’intérêt puisque l’érable argenté se trouve dans la région à la limite nord-est de son aire de distribution.

Des milieux naturels d’intérêts intégrés au paysage dont le parc du Haut-Fond

Cinq milieux naturels d’intérêts ont été identifiés dans la zone d’étude par le Service de l’environnement de la Ville de Québec. Il s’agit du parc du Haut-Fond, des battures de Saint-Augustin, de l’érablière sur terrasse marine située en bordure du fleuve à l’ouest du parc du Haut-Fond, de l’escarpement et de la hêtraie situé à l’est de Saint-Augustin, identifiée comme écosystème forestier exceptionnel par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Ces milieux naturels sont précieux étant donné leur rareté, leur degré de maturité, leur richesse écologique et leur rôle quant à la protection de la qualité de l’eau.

Que faire pour protéger nos milieux naturels?

L’étude du paysage augustinois a permis de formuler certaines recommandations particulières en lien avec les milieux naturels. Tout d’abord, les massifs forestiers existants depuis 1938 devraient être protégés. Les bandes riveraines des tributaires du fleuve pourraient être reboisées et il serait intéressant d’y aménager des petits îlots boisés afin de marquer la présence des cours d’eau. De plus, les activités de renaturalisation en cours avec les riverains permettront de restaurer et de stabiliser les rives du fleuve. Des précautions devraient aussi être prises afin de minimiser l’impact des constructions aux abords des milieux boisés, humides ou marécageux. Par ailleurs, la mise en place d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) par la ville de Saint-Augustin contribuerait à favoriser l’harmonisation des bâtiments au caractère naturel du paysage.