Un paysage façonné par l’agriculture

Un paysage façonné par l’agriculture

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Avec ses vastes champs et ses bâtiments agricoles, le paysage champêtre des abords du chemin du Roy offre des panoramas splendides sur le fleuve et sur les boisés de ferme. Sur les 52 exploitations agricoles répertoriées sur le territoire de Saint-Augustin, sept se retrouvent au sud de la route 138. Quatre sont orientées vers la production laitière mais il y a également un élevage de bovins de boucherie et deux exploitations fourragères. Le maïs occupe environ 33% des surfaces cultivées. Les autres productions sont, par ordre d’importance : le foin, l’avoine, le soya, l’orge et des productions maraîchères comme la citrouille. Les boisés de ferme, couvrant une superficie de 320 hectares, contribuent également au paysage augustinois dans le secteur du chemin du Roy. Sur cette superficie, 223 hectares sont occupés par des érablières à potentiel acéricole.

Enjeux liés à l’agriculture

L’expansion du périmètre urbanisé de la municipalité diminue la surface occupée par les terres agricoles. Entre 1963 et 2007, la zone urbaine de Saint-Augustin est passée de 14 à 207 hectares. De façon générale au Québec, la pression exercée sur le milieu agricole est forte étant donné le besoin d’espace pour le développement immobilier et industriel.

De plus, l’agriculture à Saint-Augustin suit une tendance à la baisse, identique à celle de la région de Québec, soit une diminution du nombre d’exploitations agricoles, une augmentation de l’âge moyen des producteurs déjà bien supérieur à celui de la moyenne québécoise et une agriculture à temps partiel pour 63 % des fermes. Quand ils ne sont pas laissés en friche, les terrains à vocation agricole sont de plus en plus utilisés pour une agriculture à grande échelle. L’industrialisation de l’agriculture a des impacts importants sur les paysages : les cours d’eau sont redressés, les arbres et les haies séparatrices sont coupées et les terres cultivées deviennent de grandes surfaces homogènes, banalisant ainsi le paysage. Ces modifications de l’agriculture, ont entraîné la disparition de plusieurs bâtiments agricoles sur le chemin du Roy. Au total, 84 bâtiments ont disparu depuis 1963, particulièrement des maisons ancestrales et des granges.

Certaines pratiques agricoles favoriseraient le maintien du caractère rural du paysage augustinois et contribuerait à rendre l’environnement plus sain. D’abord, la plantation d’arbres en bordure des cours d’eau améliorerait la qualité de l’eau et donnerait un aspect plus naturel à ces habitats. La plantation de haies brise-vent permettrait de réduire les problèmes d’érosion éolienne, d’augmenter le rendement des cultures et de protéger les animaux ainsi que les bâtiments. Le développement d’entreprises agricoles de plus petite échelle, de cultures maraîchères ou de produits biologiques, pourrait être encouragé dans le cadre des programmes d’agriculture soutenue par la communauté (ASC). Certains ensembles de bâtiments agricoles d’intérêt patrimonial pourraient être reconnus et mis en valeur par la ville.