Paysage augustinois

Paysage augustinois

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ANALYSE DU PAYSAGE DU CHEMIN DU ROY DE SAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES

Battures, érablières riveraines, sur escarpement ou en bordure de champs, zones de villégiature en transformation, parcours patrimonial où l’on observe des bâtiments d’intérêt architectural; voici divers éléments du paysage augustinois à découvrir le long du fleuve ou du chemin du Roy…

L’objectif de l’étude vise la connaissance du paysage d’une partie du territoire de la Ville de Saint-Augustin afin d’identifier les composantes particulières de celui-ci et de mettre en évidence leur influence sur la biodiversité. Cette étude pose un diagnostic, cerne les principaux enjeux et formule des recommandations liées à la protection et à la mise en valeur du paysage, en accord avec les objectifs de protection du milieu naturel poursuivis par la FQPPN. Cette étude propose le défi d’articuler une vision d’avenir intégrant paysage et protection des milieux naturels d’intérêt à laquelle tous les augustinois sont conviés à participer.

Le fleuve et sa batture, l’escarpement boisé, le paysage agricole et le Chemin du Roy constituent des composantes caractéristiques du paysage augustinois. La terrasse fluviale borde un marais intertidal au cortège floristique exceptionnel. La batture et une rive naturelle non habitée contribuent à l’intégrité écologique et à la qualité paysagère du littoral. Le parc du Haut-Fond et une érablière sur terrasse marine augmentent ce capital naturel d’intérêt associé au fleuve. Une érablière sucrière, un verger centenaire et deux hêtraies forment un grand ensemble naturel d’intérêt quasi-continu, rattaché à l’escarpement. Des boisés morcelés le long des terrasses et des rivières, des érablières de plus de 70 ans, des érablières humides, des friches et de jeunes boisés marquent le capital naturel de l’espace agricole. Plus de 350 ans d’occupation ont forgé un paysage humanisé découpé par de longues terres étroites, encore cultivées et habitées par sept familles-souches et de grands propriétaires institutionnels le long de la plus vieille route carrossable au Canada, le Chemin du Roy.

Désormais, la dégradation des paysages menace leur intégrité naturelle. Les diverses occupations situées dans les bassins versants des rivières et ruisseaux menacent l’intégrité écologique et la biodiversité de la batture. Les implantations et les aménagements résidentiels, de même que des pratiques agricoles s’intègrent peu au caractère naturel des rives du fleuve ou de ses tributaires. Les résidences permanentes construites sur de petits terrains de villégiature réduisent le potentiel de naturalisation en bordure du fleuve. Des terrains boisés sensibles sont recherchés pour la construction résidentielle et la création de percées visuelles sur le fleuve dégrade la crête de l’escarpement boisé. La banalisation des paysages affecte également leurs caractères identitaires. L’ancien milieu de villégiature se transforme en secteur résidentiel. Il s’ensuit une forte privatisation de la rive du fleuve et une fermeture visuelle du paysage. Les espaces ouverts entretenus par l’agriculture sont menacés par l’expansion résidentielle ou par les friches. Des patrimoines bâtis, agricoles, horticoles et paysagers sont aussi menacés de disparition.

Les recommandations et les priorités d’action sont regroupées en quatre grands thèmes : la protection du paysage fluvial, la protection de l’escarpement, la maîtrise de l’évolution du paysage agricole et la maîtrise du caractère des axes routiers. Le projet de paysage définit une vision d’avenir, celle de « marquer la biodiversité du paysage augustinois » afin d’accroître la biodiversité du territoire dans le respect de l’identité paysagère créée par la collectivité de Saint-Augustin depuis sa fondation. Le Plan paysage constitue un outil de référence et situe les recommandations sur le territoire afin de favoriser la concertation de tous les intervenants qui modifient ce paysage. Il s’agit d’un projet orienté vers l’avenir, non figé dans le passé et ancré dans une vision qui prend en compte le paysage comme bien public dont la collectivité augustinoise et les différents intervenants du milieu en sont les gardiens.

Chantal Prud’Homme, architecte paysagiste