Projet de caractérisation et de contrôle de la renouée du Japon dans la réserve naturelle des Battures–de–Saint-Augustin-de-Desmaures (RNBSAD) et du roseau commun dans le parc des Hauts-Fonds
Résumé du projet
La FQPPN effectue la caractérisation et le contrôle de la renouée du Japon depuis 2018 sur la RNBSAD. En 2026 c’est ajouté le contrôle du roseau commun au parc des Hauts-Fonds avec la collaboration de l’Université Laval.
Mise en contexte
La réserve naturelle abrite une biodiversité exceptionnelle. Des espèces menacées et vulnérables s’y retrouvent, comme la gentiane de Victorin, la cicutaire de Victorin, l’ériocaulon de Parker et la vergerette de Provancher. Leur habitat est menacé par les espèces végétales exotiques envahissantes (EVEE) dont la renouée du Japon et le roseau commun.
Objectif du projet
Contrôler les EVEE et prévenir leur expansion pour protéger l’habitat des espèces vulnérables ou menacées à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Renouée du Japon
La renouée du Japon (Reynoutria japonica) est une espèce exotique envahissante originaire d’Asie. Introduite en Amérique du Nord à des fins ornementales à la fin du 19e siècle, elle forme de vastes colonies monospécifiques et empêche la croissance des espèces locales.
On la retrouve principalement sur les berges, dans les milieux humides et dans les fossés. Elle se propage par fragments de rhizomes : un morceau de quelques millimètres suffit à démarrer une nouvelle colonie. Les fragments sont transportés par l’eau, les crues ou la machinerie. Cette espèce forme des colonies denses qui bloquent la lumière, modifient le sol, et créent des colonies monospécifiques, ce qui peut augmenter l’érosion. Les racines de la renouée du Japon sécrètent des toxines qui empêchent la croissance des espèces indigènes

Figure 1. Colonie de renouée du Japon à Saint-Augustin-de-Desmaures (crédit : FQPNN)
Roseau commun
Le roseau commun (Phragmites australis) est une graminée originaire de l’Eurasie qui se distingue par sa grande taille. Il peut former de vastes colonies dans les sols humides et riches en nutriments, tels que les fossés routiers, les rives des cours d’eau ou des lacs, ainsi que les marais et les prairies humides. Ses colonies ont différents impacts néfastes, dont l’exclusion complète de la flore indigène, la modification de l’hydrologie et la menace pour la faune qui dépend des milieux humides.

Figure 2. Colonie de roseau commun sur le bord d’une route à Saint-Augustin-de-Desmaures (crédit : FQPPN)
Bref, ces espèces représentent une menace pour l’intégrité écologique de la RNBSAD parce qu’elles envahissent rapidement l’habitat des espèces indigènes.
Méthodologie et inventaire
La FQPPN effectue un suivi à chaque année pour certaines colonies de renouée du Japon observées sur le territoire de la réserve naturelle. En 2018, l’ensemble des colonies de la réserve naturelle et des propriétés privées adjacentes ont été caractérisées et géoréférencées de manière systémique. En 2020, une caractérisation a été effectuée afin d’obtenir une vue d’ensemble de l’évolution des colonies et pour ensuite procéder à une seconde intervention de contrôle et de restauration.
Une mise à jour est réalisée en continu lorsque de nouvelles colonies sont répertoriées. Elles sont alors caractérisées, géoréférencées et ajoutées à la base de données de la FQPPN. Les données prises sont la superficie de la colonie, la longueur et le diamètre de trois tiges par colonie et le point GPS de la colonie. Cela dit, l’outil Sentinelle, développé par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), permet de localiser de nouvelles colonies que les citoyens auraient observées.
La caractérisation et le contrôle du roseau commun a été entamé durant la saison 2026. Les données prises sont la superficie de la colonie et leur point GPS. Le contrôle et la caractérisation du roseau commun ont été effectués en collaboration avec les étudiants du programme de maîtrise en biogéosciences de l’environnement de l’Université Laval et leur enseignante, Danielle Cloutier.
Le contrôle de la renouée du Japon
Il existe plusieurs types de contrôle pour la renouée du Japon. La méthode choisie dépend de plusieurs facteurs, dont la densité, l’étendue de la colonie, l’environnement dans lequel se trouve la colonie, les risques d’expansion et l’accessibilité au site. La FQPPN privilégie en général la fauche, l’arrachage manuel et la compétition végétale. Souvent, il est nécessaire de combiner plusieurs techniques pour obtenir des résultats encourageants. Durant la saison 2026, l’équipe de la FQPPN a réalisé la plantation de boutures de saule de l’intérieur, une espèce indigène en Amérique du Nord, pour compétitionner avec la renouée du Japon.

Figure 3. Plantation de saule de l’intérieur (crédit : FQPPN)
Contrôle du roseau commun
Pour contrôler le roseau commun, on procède généralement à la fauche suivie du bâchage. Une méthode assez répandue est celle de la plantation d’espèces indigènes à croissance rapide et créant de l’ombrage. En effet, le roseau commun est une plante qui nécessite une grande luminosité pour germer et se développer.

Figure 4. Installation de bâches sur une zone de roseau commun à Saint-Augustin-de-Desmaures. Crédit: FQPPN.
Bailleurs de fonds
Le projet actuel, intitulé Contrôle des espèces exotiques envahissantes de Saint-Augustin-de-Desmaures, s’étend d’avril 2024 à mars 2030, soit trois années de contrôle puis trois années de suivi. La période de travaux terrain s’étend du début de juin à la fin août. Ce projet est financé par la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec (FBFQ) et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Environnement et changement climatique Canada a également contribué au financement des deux premières années du projet avec son programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril.



