Inventaires de chauves-souris Portneuf et Stoneham-et-Tewkesbury

 

Résumé du projet

En cours depuis 5 ans, le projet de conservation de chauves-souris étend son territoire d’action d’années en années. Bien que les lignes exactes du projet varient parfois au fil des ans selon nos ententes avec nos partenaires, l’objectif reste sensiblement le même : répertorier les maternités de chauves-souris afin d’inventorier les espèces présentes et leurs nombres. Nous évaluons également les menaces potentielles pour ces mammifères et animons un volet de sensibilisation important.

Pour faire un signalement de chauves-souris sur votre propriété :

 

Description du projet

Comme plusieurs autres espèces floristiques et animales, certaines espèces de chauves-souris sont en péril au Québec selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Aussi appelées chiroptères, la grande famille des chauves-souris compte près de 1400 espèces différentes. Parmi celles-ci, 8 habitent dans notre province, soit :

  • La chauve-souris nordique (menacée)
  • La petite chauve-souris brune (menacée)
  • La pipistrelle de l’Est (menacée)
  • La chauve-souris rousse de l’Est (vulnérable)
  • La chauve-souris argentée (susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable)
  • La chauve-souris cendrée (susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable)
  • La chauve-souris pygmée de l’Est (susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable)
  • La grande chauve-souris brune (aucun statut particulier)

Ainsi, notre projet consiste à nous rendre chez les gens nous ayant signalé la présence de chauves-souris sur leur terrain ou dans des lieux publics dans lesquels des maternités ont déjà été recensées par le passé. Une fois sur place, nous prenons plusieurs données préalablement à notre inventaire : la température, les conditions météorologiques, l’heure, la phase lunaire, l’orientation et la localisation du site, le nombre de personnes présentes pour le décompte, le milieu, la présence ou non d’eau et d’arbres matures, la pollution lumineuse, etc. Tous ces éléments nous permettent de dresser un portrait clair de l’endroit où la maternité s’installe. Si celle-ci n’est pas exactement localisée lors de notre arrivée, nous faisons un tour des lieux afin de repérer les potentiels habitats des chauves-souris. Le fait de connaître le lieu de sortie exacte des chiroptères est essentiel pour réaliser un inventaire précis. Notre tâche consiste à dénombrer, une par une, le nombre de chauves-souris que nous voyons sortir de leurs abris. Ce décompte précis nous permet ainsi de connaître le plus précisément possible le nombre d’individus présents dans une colonie.

En plus de nos observations visuelles, nous recueillons aussi des relevés auditifs. Ceux-ci sont prélevés en utilisant deux appareils distincts qui captent les cris des chauves-souris. Leurs cris sont pour la plupart inaudibles pour l’Homme, en raison de leurs fréquences trop élevées. De fait, pour chasser et se déplacer, les chauves-souris utilisent l’écholocalisation, qui consiste à envoyer des ultrasons qui rebondissent sur les objets/être vivants environnants et leur indique très précisément ce qui les entourent. Notre premier instrument est l’Echo Meter, qui est un petit capteur qu’il est possible de connecter directement à un téléphone intelligent. Ce dernier les ultrasons et les analyse, puis nous indique directement quelle espèce de chauve-souris les a produits. Bien qu’il soit moins précis que notre autre appareil, celui-ci peut être un très bon outil d’entrée de gamme. Quant à lui, l’Anabat est le deuxième instrument que nous utilisons. Il recueille des données plus exactes, mais nécessite une étape supplémentaire afin d’obtenir les résultats. En effet, les enregistrements doivent être envoyés à un groupe spécialisé qui, par la suite, pourra nous renvoyer les informations concernant les espèces présentes sur un lieu. Pour sa part, la FQPPN fait affaire avec Groupe Chiroptères Québec.

En étant plus au courant des lieux de maternité et des espèces qui s’y trouvent, nous pouvons contribuer à dresser un portrait plus exact des espèces présentes sur le territoire du Québec et de leur répartition. En connaissant les lieux de maternité, nous pouvons aussi suivre l’évolution des colonies connues et prévenir les menaces potentielles à leur bien-être.

Les principales menaces pour la survie des chauves-souris sont la perte et la fragmentation d’habitats, l’utilisation abondante de pesticides, les pressions anthropiques ainsi que le syndrome du museau blanc. Originaire d’Europe, il s’agit d’une infection fongique qui affecte les chauves-souris lors de leur hibernation. Ce champignon s’accroche sur leurs parties dépourvues de poils et fait en sorte qu’elles se réveillent plus souvent qu’elles ne le devraient, ce qui épuise leurs réserves d’énergies, les affaiblies et, éventuellement, cause leur décès. Lorsque ce champignon atteint une colonie, il peut décimer de 90 à 100% de sa population. Pouvant être déplacé facilement par les humains en s’accrochant à leurs vêtements, il est la principale menace à la survie des chauves-souris au Québec.

Le projet comprend également un énorme volet de sensibilisation, qui vise à défaire les mythes entourant les chauves-souris et revigorer leur image. En effet, plusieurs idées préconçues et négatives concernant les chiroptères sont transmises de génération en génération, alors que celle-ci sont totalement fausses. La cohabitation avec les chauves-souris est plus que possible et ces animaux ne vous dérangeront pas par leur minuscule présence : elles n’attaquent pas ni ne détruisent les maisons. Bref, nous effectuons de la sensibilisation de plusieurs façons : interactions avec les citoyens, entrevues radios, créations de dépliants et organisation annuelle d’une soirée d’initiation et d’observation de chauves-souris au parc des Hauts-Fond (Saint-Augustin-de-Desmaures).

Notre travail s’effectue en collaboration avec Chauves-souris aux abris (https://chauve-souris.ca/), qui est un projet de science participative unissant des chercheurs de diverses provinces afin de travailler à la conservation des chauves-souris.

 

Projet 2024-2025

Objectif du projet : circonscrire les abris utilisés par les chauves-souris et sensibiliser les propriétaires ayant des abris dans leurs bâtiments.

Bailleurs de fonds

  • Fondation de la faune du Québec (FFQ)
  • Gouvernement du Canada – via le Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril (PIH)

Projet 2026

Objectif du projet : identifier et protéger l’habitat de 5 espèces menacées de chauves-souris ainsi que sensibiliser les gens.

Bailleurs de fonds

  • Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec (FBFQ)
  • Fonds d’action Saint-Laurent (FASL) – via le Programme pour la biodiversité maritime du Saint-Laurent (PBM) en collaboration avec le gouvernement du Québec.

Période du terrain

La période de travail terrain est relativement courte pour ce projet. En effet, celle-ci est limitée à la période de mise-bas et d’élevage des jeunes.

Les chauves-souris, loyales à leur lieu de maternité auquel elle retourne habituellement année après année, y retournent de mai à fin juillet environ. Notre travail terrain peut commencer à la mi-juin, après que les femelles ont accouchées. Il peut être intéressant d’inventorier un même lieu au début et à la fin de la période terrain, afin de calculer combien de petits ont vu le jour pendant l’été.

À la fin du mois de juillet, nous cessons le travail terrain, car dès le début août, certaines chauves-souris commencent à quitter leur lieu de maternité. En effet, 3 espèces en profiterons pour migrer (vers le sud des États-Unis, le Mexique et les Caraïbes), tandis que les 5 autres iront hiberner dans des caves de la province.

Figure 1. Chauve-souris prise au vol lors d’une de nos sorties terrains. Crédit : FQPPN.

Figure 2. Exemple de document de sensibilisation distribué à la population. Crédit : FQPPN.

Figure 3. Instrument utilisé par notre équipe – Echo Meter. Crédit : FQPPN

Figure 4. Instrument utilisé par notre équipe – Anabat. Crédit : FQPPN