Territoire

  • Les battures de St-Augustin-de-Desmaures, une partie intégrante de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent.
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    Les battures de Saint-Augustin font partie de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent. Cette portion de l’estuaire se caractérise par ses eaux douces ou légèrement saumâtres et par la forte amplitude de ses marées qui atteint de 4 à 5 mètres. Les conditions qu’elles créent influencent grandement la végétation et la faune du littoral.

    L’estuaire d’eau douce constitue aussi un écosystème unique sur le plan de la diversité biologique et se démarque par la présence de plusieurs plantes qui ne se trouvent nulle part ailleurs au monde. Cet écosystème constitue également l’habitat de nombreuses espèces d’oiseaux, de poissons et d’invertébrés.

  • Localisation et superficie

    Situées à une vingtaine de kilomètres en amont de Québec, entre la pointe Jean-Gros à l’est jusqu’aux limites de Neuville à l’ouest, les battures de Saint-Augustin-de-Desmaures s’étendent sur près de 10 km en bordure du fleuve Saint-Laurent.

    À ce jour, près de 400 hectares de terrains de haute valeur pour la conservation ont été acquis et sécurisés par la FQPPN, notamment les lots de battures, les falaises situées à l’est, une partie des lots boisés situés sur le plateau et les boisés riverains du parc du Haut-Fond.

    Les activités de la FQPPN se déroulent également dans la portion de Saint-Augustin-de-Desmaures comprise entre la route 138 et le fleuve Saint-Laurent, principalement dans le cadre de son projet Paysage.

  • La flore
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    Le jeu quotidien des marées, la durée d’immersion ainsi que les niveaux atteints par les extrêmes saisonniers de hautes mers déterminent la composition floristique, la densité et la répartition des communautés végétales le long de la toposéquence. Ainsi, du rivage vers le large, au-delà de la frange boisée, on observe sur les battures le marécage arbustif, le marais intertidal et l’herbier submergé, présent dans les marelles ou séparé du marais par une zone de vases nues. Cette diversité d’habitats procure des conditions favorables à un grand nombre d’espèces.

    Le marécage arbustif : Le marécage arbustif est dominé par une végétation ligneuse arbustive, croissant sur un sol minéral ou organique. Il est soumis à des inondations saisonnières ou occupe un site à nappe phréatique élevée. Dans l’estuaire fluvial, ces marécages sont généralement étroits et couvrent de faibles superficies. Ils sont dominés par les saules arbustifs comme le saule discolore ou le saule à tête laineuse, l’aulne rugueux et le cornouiller stolonifère, accompagnés en sous-étage de plantes herbacées comme les eupatoires, les asters et les carex.

    Le marais intertidal : Les marais sont des milieux humides dominés par les plantes herbacées et inondés en permanence, par intermittence ou de façon irrégulière, mais dont le sol est saturé ou recouvert d’eau durant la plus grande partie de la saison de croissance. Soumis à l’influence quotidienne des marées, le marais intertidal est occupé par une végétation hydrophile émergente. Il se présente habituellement comme une succession de communautés agencées en bandes plus ou moins parallèles au rivage et dont la composition en espèces reflète la durée de submersion ainsi que le degré de salinité de l’eau. Dans la portion de l’estuaire fluvial située en amont de Québec, les eaux sont douces. Les marais intertidaux de ce secteur sont dominés par le scirpe piquant, accompagné entre autres par les sagittaires, la zizanie naine, la berle douce, la cicutaire de Victorin, l’eupatoire perfoliée et le bident d’Eaton.

    L’herbier submergé : L’herbier submergé occupe la zone littorale inondée en permanence sauf lors des extrêmes de basse mer inférieure ou encore les marelles de la zone intertidale. Il est dominé par la vallisnérie américaine, le myriophylle de Sibérie ou la zannichélie des marais.

    Les rives de l’estuaire d’eau douce ont la particularité d’abriter un cortège de plantes adaptées aux marées d’eau douce. Parce qu’elles sont peu fréquentes ou peu abondantes, la survie de certaines espèces est précaire au Québec ou au Canada. Les battures de Saint-Augustin-de-Desmaures comptent un échantillon représentatif de ce cortège puisqu’il s’y trouve 13 des 14 espèces en situation précaire. Le gentianopsis de Victorin, la cicutaire de Victorin, la vergerette de Provancher et l’ériocaulon de Parker ont été désignées espèces menacées au Québec. Les trois premières sont aussi considérées en péril au Canada.

  • La faune
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    Des inventaires réalisés en 2004 par la FQPPN sur les battures de Saint-Augustin ont révélé la présence de 22 espèces de poissons dont l'alose savoureuse désignée espèce vulnérable au Québec. Cette observation a été confirmée en 2007 par Pêches et Océans Canada. Dix espèces de moules ont aussi été identifiées sur le littoral, dont trois figurent sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables au Québec : l’obovarie olivâtre, l’elliptio à dents fortes, l’elliptio pointu.

    Selon les données compilées par les ornithologues de la région de Québec, environ 200 espèces d’oiseaux fréquentent les battures de Saint-Augustin à un moment ou l’autre de l’année alors qu’une quarantaine y nicheraient. Elles constituent également une aire de concentration d'oiseaux aquatiques. On y observe plusieurs espèces de canards dont l’eider à duvet et des macreuses. Des rassemblements de 20 000 à 30 000 bernaches du Canada et oies des neiges et plus de 2 000 canards barboteurs ne sont pas rares au printemps.

    Une étude réalisée en 2003 a révélé la présence sur le littoral et dans les boisés riverains de six espèces de micromammifères soit la grande musaraigne, la musaraigne cendrée, la souris sauteuse des champs, le campagnol à dos roux de Gapper, le campagnol des champs et une espèce indéterminée de souris (Peromyscus sp.). Les boisés riverains sont aussi fréquentés par le cerf de Virginie, le lièvre d’Amérique, la marmotte commune, le rat musqué, le renard roux et la moufette rayée. Une aire de concentration du cerf de Virginie se trouve située dans la partie ouest de l’aire de conservation.

    Le CDPNQ signale aussi la présence de cinq espèces d'amphibiens ou de reptiles à statut particulier dans un rayon de huit km du site à protéger. Parmi celles-ci, l’observation la plus intéressante est celle de la couleuvre à collier sur l'île à Gagnon, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable au Québec.

    Récemment, un inventaire réalisé près des berges augustinoises a révélé la présence de sept des huit espèces de chauves-souris du Québec à cet endroit : la petite chauve-souris brune, la grande chauve-souris brune, la chauve-souris argentée, la chauve-souris rousse, la chauve-souris cendrée, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l’Est.

  • L’accès au territoire :le parc des Hauts-Fonds
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    Le parc des Hauts-Fonds est le seul accès public au fleuve à Saint-Augustin. Ce parc municipal a été créé et aménagé en 2001 par la FQPPN et la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures.
    Il offre aux citoyens la possibilité de découvrir un échantillon des battures et des boisés riverains grâce à un sentier et des panneaux d’interprétation tout en bénéficiant d’une vue exceptionnelle sur le fleuve.